mardi 17 janvier 2017

Parlons argent


Tiens, sur l'exemple de mon collègue Simon Sanahujas, je me fends d'un court billet pour montrer à quel point nous autres auteurs vivons dans le luxe le plus écœurant qui puisse se concevoir (parmi les huit personnes qui sont plus riches que la moitié la plus pauvre de la planète, il se trouve au moins 5 écrivains ! Ou pas...)

Je vais uniquement donner ici les revenus tirés de l'écriture que j'ai perçus en 2015 et 2016 mais je pense que je posterai chaque année un bilan de l'année précédente. 
Lesdits revenus concernent tout autant le domaine du jeu de rôle que celui de l'écriture littéraire et comprennent droits d'auteur, piges, émoluments pour la participation à des salons, etc. Le tout est livré net, c'est à dire après prélèvement AGESSA.

Commençons donc par l'année 2015, au cours de laquelle j'ai donc perçu 2.800 € de par mes activités d'auteur. 
Comme déjà évoqué, cette somme est un amalgame de nombreuses sources mais l'apport le plus élevé fut les droits d'auteur d'Hexagon Universe : le jeu et plusieurs suppléments étant sorti en 2014, j'ai donc touché la plus grosse partie des droits générés par les ventes de cette première année d'exploitation. Le reste se répartit entre droits d'anciens jeux et romans, avance sur droit des 81 Frères et diverses piges dans Casus Belli

Puis en 2016, ma plume m'a rapporté 1.835 € - soit près de 1.000 € de moins que l'année précédente.
Pourquoi un tel écart ? De nombreuses raisons l'expliquent : plus de temps consacré à l'écriture romanesque (notamment la Résurrection du Dragon), dont les droits ne tomberont que plus tard, et aucune grosse sortie jeu de rôle durant cette période (tout juste le suivi d'Hexagon Universe).
C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques du travail d'auteur : en général, on ne touche les fruits de son labeur que longtemps après avoir effectué le travail. Ainsi en 2016, j'ai beaucoup écrit mais il faut attendre que les projets sortent puis qu'ils génèrent des droits à percevoir (ou que ladite sortie permette le déclenchement du paiement en cas de forfait).

Comme vous le voyez, je nage dans un bain de pièces d'or tel Picsou, le canard milliardaire le plus célèbre de la planète !
Trêve de plaisanterie, on voit bien qu'il n'est pas évident de tirer un revenu décent d'une activité d'écriture - et sans doute ne suis-je pas le plus à plaindre. D'autant que si l'on rapporte ces sommes au nombre d'heures consacrées à la création, cela devient presque désespérant.
Pourtant, on continue - déjà parce que l'on ne peut pas s'en empêcher (écrire est un besoin) et ensuite parce que l'on espère toujours pouvoir améliorer cela. Construire sa carrière d'écrivain peu à peu et vendre de plus en plus, avoir le gros coup de chance qui fait d'un titre un best seller, céder un droit d'exploitation à la télévision ou au cinéma (je suis en pourparlers avec Tsui Hark pour les Chroniques de l’Étrange... Non, je déconne - hélas), etc.

Voilà, j'espère que ce petit exercice de transparence vous aura intéressé. Si cela peut vous rassurer, je devrais gagner un peu mieux en 2017 qu'en 2015 et 2016 grâce à quelques projets qui arrivent à maturité. Et dont je vous reparlerai en temps utile !
A bientôt, donc. 

lundi 2 janvier 2017

Bilan de l'année 2016


Bonne année à tous !

En ce début 2017, il est temps de me livrer au bilan de l'année 2016. Une année étrange au cours de laquelle j'ai beaucoup écrit mais assez peu publié - de nombreux projets réalisés ou entamés étant prévus pour les mois à venir.
Voyons donc tout cela.

Côté jeu de rôle, tout d'abord. 
2016 aura été polymorphe - mêlant la continuité de mes travaux à de nouvelles opportunités très enthousiasmantes. Ainsi, j'ai été sollicité par l'éditeur Lapin Marteau afin de rédiger deux articles pour ses recueils de la collection Sortir de l'Auberge. Le premier - Animer les combats - est déjà paru dans le premier tome Mener des Parties de Jeu de Rôle. Il présente mes différents trucs et astuces pour mettre en scène un affrontement de manière dynamique et mémorable sans s'enferrer dans de répétitifs jets de dés. Le second article s'intitule Interpréter son Personnage : prévu pour le volume Jouer des Parties de Jeu de Rôle (un ouvrage de conseils aux joueurs - ce qui est rare), il explique diverses méthodes pour donner du corps à un personnage et le doter d'un caractère approfondi et unique. Ce deuxième recueil devrait sortir sous peu. 
Plus classique, les Rois des Profondeurs est le dernier supplément paru chez les XII Singes pour Hexagon Universe et il traite des organisations, civilisations et super-héros qui ont pour terrain de jeu les mers et océans de notre planète. Comme d'habitude, il s'agit d'un supplément thématique qui ne nécessite en rien de posséder les précédents. Les meneurs de jeu appréciant les Atlantes, Namor, Aquaman ou Fathom y trouveront tous les éléments pour intégrer ce genre de personnages dans leurs parties d'Hexagon Universe. Je n'ai hélas pas pu écrire autre chose pour cette gamme en 2016 mais je compte bien y revenir au cours de l'année à venir - pour vous révéler la vérité à propos de l'histoire secrète du monde et des étranges races qui l'habitèrent jadis. 
Avec Benjamin 'MacBesse' Kouppi en coauteur de choc, j'ai entrepris de donner vie à une vieille idée (certains se souviendront de l'avoir croisée dans mon article paru au sein de Jouer avec l'Histoire) : un jeu de rôle prenant modèle sur les aventures du Juge Ti - enquêtes et intrigues dans la Chine des Tang. Grâce à mon compère, ce vague synopsis est à présent une réalité motorisée par un système dédié qui permet à la fois de suivre un scénario pré-écrit mais aussi d'en improviser un au fur et à mesure des choix des joueurs. Magistrats & Manigances se trouve publié en trois parties au sein du magazine Casus Belli (#19 à 21 - ce dernier à paraître prochainement). Je suis très fier de ce jeu mais il faut bien avouer qu'il doit bien plus à Benjamin qu'à moi - je ne peux que le remercier d'avoir ainsi donné vie à cette ancienne marotte en rebondissant brillamment sur mes quelques idées de départ. D'ailleurs, vous pouvez constater son talent également dans Lady Rossa (paru dans Di6dent #14) : une oeuvre qui s'aventure sur un terrain rarement traité en matière de jeu de rôle et qui le fait de façon aussi audacieuse qu'intelligente. L'auteur vous le présente plus en détail ici.
Sur le front des magazines justement, je continue à écrire dans Casus Belli et Di6dent avec un plaisir toujours renouvelé. Mythologica se mue en eMaginarock mais le fond reste le même et je vais continuer à chroniquer les nouveautés rôlistiques qui me plaisent sur ce site.
En vrac à présent, les projets à venir - qu'ils soient déjà écrits ou en cours pour ma part. Black Book en a fait l'annonce : je rédige actuellement l'adaptation en jeu de rôle du jeu de figurines Mythic Battles:Pantheon. Au menu : une Grèce antique post-apocalyptique où dieux, mortels et Titans luttent pour obtenir le pouvoir suprême - le tout agrémenté d'illustrations de folie. Un énorme succès de financement participatif pour le jeu de figurines et, je l'espère, la même réussite à venir pour ce jeu de rôle vraiment très fun à écrire ! J'ai également rédigé un supplément entier pour un jeu de rôle mais je ne peux guère en dire plus tant que l'éditeur ne l'aura pas annoncé lui-même. Mais j'ai grand hâte qu'il soit disponible ! Et enfin, j'ai eu l'honneur de participer à Héros & Dragons, la reprise enrichie du SRD de D&D5 par Black Book. Je n'ai rédigé que très peu de texte mais je suis fier d'avoir pris part à cette grande aventure. 

Sur le front littéraire, à présent.
Tout d'abord, Dimension Super-héros 3 est le nouveau recueil de nouvelles prenant place au sein de l'univers Hexagon et mettant en scène ses super-héros - publié par Rivière blanche. Pour l'occasion, quelques vétérans (Nelly Chadour, Ghislain Morel, Kristoff Vala...) sont rejoints par de prometteurs nouveaux-venus (Hervé Bourgade, Vincent Lenga...) et même des figures connues du milieu SFFFF (Barbara Cordier, Fabien Clavel - excusez du peu !). Vous y retrouverez Râ et le Roi des Profondeurs, Zembla et Kit Kappa, Homicron et Rod Zey, Jayde et Kabur, etc. Le tout sous une couverture d'Alfredo Macall
Mais le gros morceau, c'est évidemment le tome 2 des Chroniques de l’Étrange : la Résurrection du Dragon. Johnny Kwan revient sur le devant de la scène et mène à nouveau des enquêtes mouvementées, qui lui feront revoir les événements des 81 Frères sous un nouveau jour - ce qui le mène à un conflit épique (comme l'indique la couverture de l'excellent Xavier Collette) ! Le dernier tome prévu pour fin 2017 aura pour titre les Gardiens célestes et conclura cette trilogie d'urban fantasy éditée par Critic. A noter que les 81 Frères sont en lice pour le prix Imaginales lycéens 2017.

Parmi mes projets de 2017 figure le lancement d'une page Tipeee afin de récolter un peu d'argent via cette plateforme de mécénat - me permettant de libérer du temps pour continuer à écrire de façon soutenue. Je ne suis guère à l'aise à l'idée de réclamer ainsi des €uros mais plusieurs amis m'y ont encouragé - après tout, je n'ai rien à perdre (à part ma fierté si le compteur reste bloqué à 0). Bien sûr, je proposerai des contreparties : notamment sous la forme de nouvelles inédites ou de matériel de jeu de rôle à destination de mes tipeurs. 
Je compte sur vous pour me dire - dans les commentaires du blog ou sur ma page Facebook d'auteur - si une telle idée vous semble viable et si vous seriez prêt à participer ; auquel cas, n'hésitez pas à me faire part des contreparties qui vous sembleraient stimulantes. 

Voilà, c'est tout pour 2016 ! En espérant que 2017 soit encore plus riche de publications.
Ce blog reste l'espace par lequel je vous informerai en détails du contenu de mes œuvres à paraître. So stay tuned, comme on dit !

jeudi 1 décembre 2016

Magistrats & Manigances - partie 2


Ça y est, Casus Belli #20 commence à arriver chez les abonnés et sera sous peu disponible en boutique. Ce numéro contient la deuxième partie (sur trois) du jeu de rôle Magistrats & Manigances que je co-écris avec Benjamin "MacBesse" Kouppi et dont je vous parlais déjà cet été. 
Pour rappel, la première partie (parue donc dans Casus Belli #19, suivez un peu !) contenait le contexte général (la Chine des Tang, sous l'angle du genre polar à la Juge Ti) ainsi que le règles. Cette fois-ci, nous présentons un district prêt à jouer afin que meneur de jeu et joueurs puissent se lancer directement - en attendant les scénarios de la troisième partie (dans Casus Belli #21, comme vous l'aurez deviné). 

Le district de Sangyuan. 
Situé à une extrémité de la Route de la Soie et sur les berges du Fleuve jaune : voilà qui en fait un carrefour commercial de premier choix, malgré son éloignement du centre de l'Empire fleuri. Y prospèrent ainsi des marchands faisant le lien entre les royaumes de l'Ouest et la Chine, des armateurs affrétant des jonques pour convoyer toutes sortes de biens à travers les provinces traversées par le plus fameux (mais aussi le plus dangereux) cours d'eau du pays, des sociétés d'escorte s'assurant que les convois arrivent à bon port, des écoles d'arts martiaux accueillant aussi bien des miliciens que de simples ouvriers, des maisons de plaisir offrant réconfort aux voyageurs éprouvés, etc. 
On s'en doute : une telle ville - ainsi que les terres environnantes (sur lesquels se trouvent diverses communautés paysannes, un monastère, un fort...) - peut se révéler un véritable nid de vipères tant nombre d'intérêts s'y croisent. Les taels coulent à flot dans une cité marchande qui prospère loin des yeux de la capitale et accueille de surcroît une importante communauté sogdienne - réputée pour son sens du commerce. Diverses raisons peuvent expliquer la nomination d'un Magistrat et de ses Assistants à la tête de ce district stratégique : une récompense pour les bons résultats d'un vétérant dans ses précédentes affectations (diriger Sangyuan offrant l'occasion de briller et de s'enrichir), une punition pour un fonctionnaire médiocre (la ville s'avérant plus que difficile à gérer face à de puissantes guildes) ou un test pour un jeune diplômé (la façon dont il s'en sortira déterminant le reste de sa carrière)...
Cette deuxième partie de Magistrats & Manigances décrit donc par le menu tout le district : les quartiers du chef-lieu avec les endroits et les personnalités les plus marquants, le monastère situé non loin, le fort où se trouve l'armée impériale, les diverses 'menaces' qui rôdent (invasion tibétaine, brigands en maraude, catastrophes naturelles...), etc. Afin de permettre au meneur de jeu de s'approprier tout cela, sont fournies de nombreuses listes de rumeurs (transformables en pistes et affaires selon l'intérêt des joueurs) et litiges (des cas à trancher au tribunal entre deux parties et nécessitant parfois d'enquêter un peu). Sans compter qu'un exemple de scène est détaillé d'entrée - à la demande de nombreux lecteurs un peu déconcertés par le système de jeu. Cette fois, plus d'excuses pour ne pas se lancer dans le jeu ! 
Grâce à quelques conseils et généralités sur les districts dans la Chine des Tang - et sur le modèle de Sangyuan -, le meneur de jeu pourra ensuite créer son propre décor en fonction de ses envies en matière d'intrigues à faire jouer. 
C'est encore Monsieur le Chien qui est aux crayons et qui illustre tout cela - avec talent et pertinence ! 

Entre la première et le deuxième partie de Magistrats & Manigances, je pense que les meneurs de jeu qui n'ont pas peur de mettre les mains dans le cambouis et d'improviser leurs enquêtes ont tout le nécessaire sous la main pour se lancer ! Pour ceux qui hésitent encore, sachez que MacBesse vous prépare des scénarios tout prêts pour la dernière livraison - le jeu sera alors complet.
Et bien sûr, Casus Belli #20 comporte toutes ses rubriques habituelles - de quoi lire et jouer pendant tout l'hiver ! En vous souhaitant une bonne lecture avant d'entamer un bilan de cette année 2016 d'ici la fin du mois sur ce blog. 

mercredi 16 novembre 2016

La Résurrection du Dragon - les Chroniques de l’Étrange tome 2


Hello tout le monde,

Cela fait une petite dizaine de jours que le deuxième tome des Chroniques de l’Étrange - qui a donc pour titre la Résurrection du Dragon - est sorti en librairie, toujours sous la bannière des éditions Critic bien sûr. 
Il était donc plus que temps que je vienne vous en faire la présentation ! 

L'an dernier sortait à la même période les 81 Frères, premier épisode de cette série d'urban fantasy dont l'action se situe à Hong Kong et qui met en scène un détective taoïste nommé Johnny Kwan. Exorciste chargé de maintenir l'équilibre entre le monde profane et le surnaturel, il y livrait une bataille acharnée contre une secte bien décidée à faire revenir un dieu-démon du chaos dans notre monde. La fin du roman le laissait dans un triste état suite à ses nombreux combats et la Résurrection du Dragon lui a laissé quelques mois pour recouvrer ses forces.
Nous retrouvons donc Johnny alors qu'il remplit une banale mission pour le compte d'une Reine-dragon - avant de se lancer dans de nouvelles enquêtes pleines de rebondissements. C'est tout d'abord le massacre des "hôtesses" surnaturelles (femmes-serpents et femmes-renardes) d'une maison-close qui attire son attention avant qu'il se voit confié par la Triade du Dragon florissant la mission d'aller récupérer pour son compte un œuf de jade - artefact mystique capable de donner naissance à un nouveau trésor céleste pour ce clan criminel. 
Bien entendu, l'une comme l'autre de ces affaires vont s'avérer plus complexes que prévues - et même liées à des événements des 81 Frères laissés dans l'ombre. Mais si, souvenez-vous : le chef Hmong prétendant avoir de bonnes raisons pour libérer le démon Chiyou de sa prison infernale, l'étrange symbole Tin Haa découvert sur les zombis, le tueur à gage des griffes duquel Johnny n'échappe qu'à grand-peine... La Résurrection du Dragon est le cœur de la trilogie des Chroniques de l’Étrange : le volume où tous les secrets sont révélés, où les masques tombent, où des ennemis deviennent des alliés, où des amis se révèlent moins fiables que prévu... Sans compter l'apparition de nouveaux personnages dans un camp comme dans l'autre - Hong Kong restant au final le protagoniste principal de cette saga. 
Parmi les défauts relevés par les lecteurs des 81 Frères figurait souvent son intrigue linéaire (mais à mon sens nécessaire pour laisser le lecteur s'immerger dans cet univers exotique sans en plus être noyé dans une intrigue à tiroir). Rassurez-vous donc, la Résurrection du Dragon complexifie le récit et l'emmène vers un versant plus épique - en attendant la conclusion (forcément explosive !) qui aura lieu dans les Gardiens célestes, le dernier tome de la série prévu pour fin 2017.

Tout comme les 81 Frères, la Résurrection du Dragon assume le mélange de nombreuses influences me tenant à cœur : l'urban fantasy (ou fantastique contemporain, si vous préférez), l'histoire et la culture de la Chine, la ville de Hong Kong et son cinéma... 
Ainsi vous y trouverez à nouveau nombre de lieux emblématiques (et spectaculaires !) de cette fascinante métropole, une magie toujours aussi œcuménique mêlant taoïsme et bouddhisme mais aussi tradition et modernité, des combats d'arts martiaux rendant hommage aux grands acteurs et chorégraphes du genre (de Liu Chia Liang à Jet Li en passant par Jackie Chan, Sammo Hung, Donnie Yen, Yuen Woo Ping, etc.), des fusillades effrénées et des triades impitoyables dignes des polars de John Woo, des poursuites endiablées dans les rues encombrées de la cité, etc. 
Enquête, magie et action sont ainsi les trois ingrédients des Chroniques de l’Étrange et la Résurrection du Dragon n'en est pas avare ! La couverture - forcément sublime - de Xavier Collette vous le démontre amplement. Quant au format du roman, il est semblable à celui de son aîné : les éditions Critic me font à nouveau l'honneur d'une fabrication de luxe avec couverture cartonnée et dos toilé. Un bien bel objet qui ferait d'ailleurs un cadeau de Noël idéal ! 



J'espère que tous ceux qui ont apprécié les 81 Frères auront envie de se plonger dans sa suite et que les indécis se décideront à se lancer dans les Chroniques de l’Étrange à présent que son intrigue générale progresse. 
Je signale que je me trouverai le 26 novembre prochain aux 13ème Rencontres de l'Imaginaire de Sèvres afin de discuter avec les lecteurs et de dédicacer la Résurrection du Dragon - mais aussi tous mes autres romans et jeux de rôle, bien sûr ! En espérant vous y croiser dans l'ambiance toujours conviviale de ce salon des plus sympathiques. 
A bientôt.

vendredi 3 juin 2016

Magistrats & Manigances - partie 1


Bonjour tout le monde,

Je l'avais promis, je reviens donc pour parler Chine ancienne - une de mes vieilles passions, comme le savent ceux qui suivent mes travaux depuis un moment. Et justement, parmi eux certains se souviennent peut-être de mon article dans le livre Jouer avec l'Histoire : traiter l'histoire au travers du genre. J'y développai la thèse que si l'histoire était un fabuleux background à utiliser dans un jeu de rôle, il pouvait s'avérer nécessaire de l'aborder par le biais d'un genre précis avec d'en faciliter l'appropriation - comme se lancer dans la France de Richelieu grâce à des histoires de type cape & épées. Et j'utilisai tout au long de mon texte deux exemples : Qin - les Royaumes combattants, qui traitait de l'antiquité chinoise par le biais du wu xia pian, et Magistrats & Manigances, qui proposait de se la jouer polar chinois façon Juge Ti. 
Mais ! s'exclame le lecteur interloqué. Ce Magistrats & Manigances n'existe pas ! Et oui, c'est vrai - du moins, il n'existait pas. C'était un exemple fictif me permettant d'illustrer ma théorie et de compléter celui de Qin en démontrant que s'attaquer à la Chine ancienne pouvait donner deux jeux radicalement différents selon le genre utilisé. Cependant, l'idée d'écrire un jeu façon Juge Ti me trottait dans la tête depuis - en grand fan de l'oeuvre de Van Gulik. Interpréter des enquêteurs dans le système judiciaire de la dynastie Tang, démasquer les trafiquants et les meurtriers, trancher des litiges houleux, ménager la susceptibilité des puissants tout en restant incorruptible...
Et finalement, l'opportunité s'est présentée - après une petite histoire éditoriale houleuse. A l'origine, il y a le projet D3 de Cédric Ferrand : un corpus de règles permettant de jouer des enquêtes et divers décors de jeu pour varier les approches - le tout étant prévu pour une sortie chez l'éditeur John Doe. Connaissant mes inspirations, Cédric me proposa d'écrire un setting Chine ancienne selon l'idée du Magistrats & Manigances de mon article et bien sûr, j'acceptai. Pour diverses raisons dont j'ignore tout, ce beau projet ne vit pas le jour chez cet éditeur. Mais quelques temps après, D3 resurgit au détour des pages de Casus Belli - magazine dont j'étais alors déjà un collaborateur régulier. La rédaction le publiait en trois parties afin de fournir un jeu complet aux lecteurs assidus. Il n'en fallait pas plus pour que Magistrats & Manigances revienne au premier plan : à mon tour, je proposai aux boss de Casus Belli de le publier selon ce même format : trois parties pour une taille bien confortable permettant de développer ce projet.
Je me mis alors en quête d'un coauteur. En effet, je souhaitai que l'enquête soit réellement au cœur de Magistrats & Manigances : or il s'agit d'un genre délicat à traiter et qui peut s'avérer très frustrant pour peu que le système n'y soit pas adapté. Je jetai mon dévolu sur Benjamin Kouppi - alias MacBesse sur les forums - car en bon fan de jeux alternatifs, il allait me permettre de sortir de ma zone de confort et me forcer à penser "out of the box", comme disent les anglo-saxons. Et cette collaboration fut une totale réussite ! Benjamin me poussa dans mes retranchements en me proposant des idées très loin de mes habitudes, ce qui nous permit de concevoir des règles aux petits oignons après un énorme travail de réflexion et de conceptualisation. De plus, en tant qu'historien, il apporta une précision sans faille dans les textes de background - Magistrats & Manigances est donc inattaquable à ce niveau (et s'il reste des erreurs, elles sont de mon fait - soyez-en sûrs). 
La cerise sur le gâteau allait arriver avec le dessinateur chargé d'illustrer tout cela : rien moins que Monsieur le Chien (là encore sur une idée de Benjamin - véritable bonne fée de ce projet), fameux bédéaste / blogueur mais également vieux rôliste, qui apporta son style très franco-belge à notre travail - une touche classique qui sied à la perfection au décor de jeu.
Cette conjugaison de talents (textes de Benjamin et moi, dessins de Monsieur le Chien - le tout édité par Casus Belli) a poussé Magistrats & Manigances bien plus loin que je ne l'aurais rêvé quand le projet prit forme dans mon imagination - il y a de cela presque 10 ans. Le jeu est prévu à paraître dans les #19, 20 et 21 de Casus Belli et le premier de ce triptyque doit sortir en PDF dès aujourd'hui.
Benjamin a d'ailleurs longuement parlé du jeu sur Radio Rôliste, un podcast que je vous invite à écouter afin d'en apprendre encore plus ! 

Comment se compose Magistrats & Manigances
Dans le #19 de Casus Belli se trouve donc la première partie. Celle-ci contient le background général du jeu, tout ce qui concerne la Chine de la dynastie Tang : un bref historique, la société, la religion, le système pénal, etc. Tout ce dont a besoin le meneur de jeu pour se plonger dans cet univers pas forcément familier (nous ne pouvons que recommander la lecture du Juge Ti de Van Gulik, ainsi que les bandes-dessinées du Juge Bao pour approfondir). Puis est proposé le système de jeu. J'ai d'autant moins de scrupules à l'affirmer qu'il est à 90% l'oeuvre de Benjamin : c'est une vraie petite perle qui met l'enquête au cœur des parties et permet aussi bien de suivre des investigations pré-écrites que d'improviser des affaires à la volée. La création de personnage se fait de façon très simple : le joueur choisit un Statut (son "métier") et un Tempérament (son "caractère"), chacun lui offrant quelques capacités particulières. Puis il a accès à des Procédures : des compétences d'enquête ouvrant pour chacune 6 possibilités à choisir. L'astuce étant que selon le résultat du jet de dés, le joueur sélectionne un certain nombre de ces issues et le meneur de jeu en sélectionne d'autres. Pas de notion de réussite ou d'échec (et donc jamais d'impasse) : chaque lancer de dés permet de faire avancer l'histoire - seule la direction prise est influencée... Diverses options ancrent encore plus le jeu dans le genre abordé : comme la possibilité de se créer des Contacts ou le fait que les joueurs - s'ils incarnent individuellement des Assistants du Magistrat - interprètent ce dernier de façon collective lors des scènes de Tribunal, quand il faut enfin juger les coupables ou trancher les litiges. Et que les fans de magie se rassurent : il est parfaitement possible de créer un taoïste capable d'interroger les âmes des défunts ou les esprits errants - ces croyances faisant alors totalement partie de la vie des Chinois de l'époque. 
Casus Belli #20 offrira un décor de jeu prêt à l'emploi : un district situé au croisement de la Route de la Soie et du Fleuve jaune - un poumon économique de la province et donc un vrai nid de vipères où le Magistrat et ses Assistants devront savoir se faire une place. Si un meneur de jeu féru du Juge Ti saura créer son propre district à la volée, nul doute que celui proposé aidera les profanes à se lancer dans la Chine de la Dynastie Tang sans crainte. Enfin, Casus Belli #21 proposera un scénario composé de plusieurs affaires sur lesquelles les Assistants auront à enquêter ainsi que des conseils sur la façon de créer ou improviser de telles affaires. De tout cela, je reviendrai parler en temps utile.

Il ne me reste plus qu'à vous encourager à vous procurer Casus Belli #19 afin d'y découvrir la première partie de Magistrats & Manigances. Si vous êtes fans du Juge Ti, passionnés de Chine ancienne ou férus de jeux d'enquête, le travail que Benjamin et moi avons fourni devrait grandement vous intéresser. 
N'hésitez donc pas à découvrir l'Empire fleuri et ses nombreuses intrigues - entre lettrés ambitieux, fonctionnaires incorruptibles, marchands fortunés, courtisanes détentrices de bien des secrets, religieux pas toujours très pieux et bandits rôdant à la lisière des vertes forêts !
A bientôt pour de nouvelles actualités !