mercredi 29 février 2012

Green Tiburon : Operacion Déluge atomique


Deuxième - et on espère pas dernier - volume de las Historietas de Green Tiburon, ce nouveau fascicule édité par le Carnoplaste et intitulé Operacion Déluge atomique met à nouveau en scène notre Luchador préféré au sein du dangereux mais si exotique archipel de Los Murcielagos. 

Rappelez-vous : après avoir affronté la pieuvre carnivore de Santa Zanya, notre courageux héros était devenu champion du monde de lucha libre au cours d'un match particulièrement disputé. Le revoici donc pour une nouvelle aventure le mettant cette fois-ci aux prises avec : un savant fou, des martiens envahissants et rien moins que le KGB ! A ses côtés : un mini - un Luchador nain - nommé El Guerrerito de Platino. Je n'en dis pas plus pour ne pas risquer de déflorer une intrigue aussi généreuse qu'improbable en terme de péripéties !
Car tout comme dans le précédent fascicule, c'est en effet là le point fort indéniable de ce récit : la narration (assurée par Green Tiburon himself, avec Julien Heylbroeck à la traduction) coule si naturellement que même les éléments les plus absurdes passent comme une lettre à la Poste. On sent, derrière une écriture nerveuse et rythmée, une véritable admiration de l'auteur pour le genre - la luchasploitation. Ici, pas de second degré ou de ton parodique de mauvais aloi : on n'a jamais l'impression que l'écrivain prend son sujet de haut, bien au contraire ! Un premier degré constant et sincère assorti d'un humour intradiégétique permet au lecteur d'entrer de plein-pied dans un univers pourtant peu familier sous nos latitudes, mais qui est ici excellemment mis en scène et développé. C'est cette passion palpable qui rend si précieuse cette résurgence d'un type de récit qui - comme tout fragment de mythologie populaire, aussi kitch et ridicule puisse-t-il paraître aux yeux des profanes - mérite un véritable respect. 
Bien sûr, on retrouvait déjà cette qualité essentielle dans Green Tiburon contre la pieuvre carnivore de Santa Zanya. Alors qu'en est-il plus précisément de ce Operacion Déluge atomique ? Incontestablement : le rythme de folie. C'est bien simple : j'ai dévoré ce fascicule - pourtant plus épais que le précédent - en une seule soirée ! S'ouvrant sur un affrontement classique mais inattendu dans un récit de luchasploitation (là encore, je vous réserve la surprise), cette histoire fait rebondir chaque chapitre sur le suivant selon une mécanique bien huilée : impossible de s'arrêter en plein milieu tant la tension et l'intérêt vont crescendo ! Green Tiburon combat, enquête, rencontre ses alliés et adversaires, enquête encore, combat toujours, est fait prisonnier, s'évade, résout la situation puis combat à nouveau. C'est classique mais j'imagine que c'est ce que les anglo-saxons appellent un page-turner : un récit que vous ne pouvez lâcher avant d'avoir tourné la dernière page afin d'en connaître le dénouement. 
Operacion Déluge atomique se permet même d'introduire un peu de sensualité via le personnage de Ludmilla - un love interest pour Green Tiburon, mais qui ne se réduit pas à cela. D'ailleurs, entre l'introduction et cette lucha-girl, le ton est donné : alors que le précédent fascicule devant beaucoup à l'horreur classique - entre Lovecraft et la Hammer -, c'est ici James Bond qui est l'inspirateur principal. Une belle preuve de la plasticité du genre !
Bien sûr, impossible de conclure sans toucher un mot des scènes de combat : elles sont aussi nombreuses et variées que bien décrites. Pas de panique si vous ne connaissez rien au catch, le talent descriptif de l'auteur rend absolument tout limpide. C'est dynamique et enlevé, quasi cinématographique (M. del Toro : c'est quand vous voulez pour une adaptation en film, d'ailleurs). Un vrai régal. 

Entre Green Tiburon contre la pieuvre carnivore de Santa Zanya et Operacion Déluge atomique est sorti le jeu de rôle Luchadores (chez le dynamique éditeur Pulp Fever), qui prend place à Los Murcielagos et propose d'interpréter des lutteurs masqués défendant cet archipel so sixites contre les horreurs vomies par l'Espirale Grande. 
Bien entendu, les deux fascicules cités sont non seulement d'excellents inspirations (même auteur, même univers, même approche du genre) mais aussi et surtout des scénarios qui ne demandent qu'à être adaptés pour y lancer les personnages amoureusement créés par les joueurs. 

Si vous avez soif d'exotisme et que vous avez envie de lire un récit qui ne ressemble à aucun autre, je ne peux que vous encourager à commander Operacion Déluge atomique. Mais je suis bien certain que vous avez déjà sorti votre carte bleue avant même de lire ce modeste billet : rien que la vision de la sublime couverture de Willy Favre vous aura convaincu de débourser vos €uros. 
En attendant les opus suivants de la saga de Green Tiburon, bonne lecture ! 

jeudi 9 février 2012

Masqué



Un peu plus d'un an après la conclusion de la Brigade chimérique, une nouvelle bande-dessinée de Serge Lehman sort dans les bacs - chez Delcourt cette fois-ci. Et de quoi parle donc cette nouvelle saga illustrée, sobrement intitulée Masqué ? Et bien, mais de super-héros voyons ! 
Premier tome d'une série qui en comptera quatre - tous à paraître d'ici janvier 2013 -, Masqué - Anomalie se présente dans un format typiquement franco-blege : 48 pages sous couverture cartonnée - superbe, soit dit en passant, et des plus évocatrices.
Ce billet se propose modestement de faire une critique de cette bande-dessinée. Attention cependant, il sera truffé de spoilers : si vous n'avez pas encore lu ce tome, faites-le avant d'attaquer ce qui suit ! 

"Blessé au cours d'une mission dans le Caucase, le sergent Franck Braffort regagne Paris après six ans d'absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le préfet Beauregard : Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les "anomalies", évènements mystérieux que nul ne peut expliquer. Une ville qui va s'emparer de Braffort et lier leurs destins à jamais..."

Situé dans un avenir suffisamment proche pour être confondu avec notre présent, ce premier volume de Masqué est une longue introduction à la saga qui va suivre. On y suit ainsi l'ancien militaire Frank Braffort, de retour à Paris après avoir été victime d'un traumatisme dans le Caucase (et surtout témoin d'une étrange et furtive apparition). Désorienté dans cette métropole qu'il n'avait pas revu depuis six ans, il est hébergé par sa soeur Raphaëlle en attendant de trouver un travail - et ses repères. Paris est en effet devenue une capitale futuriste et tentaculaire sous la férule du préfet Beauregard - un homme qui a des projets dont seule une partie sera ici dévoilée - et dans laquelle des phénomènes inexpliqués ont lieu : les anomalies (des imitations spontanées d'organismes biologiques par des agrégats de matière inertes - métal, pierre, etc.). Après avoir sauvé le préfet de l'une de ces anomalies aux intentions meurtrières, Braffort est invité à découvrir quelques-uns des secrets qui dorment sous Paris-Métropole. Une force semble en effet dormir dans les tréfonds de la ville - une force liée à l'ex-sergent... Jadis, des hommes masqués faisaient régner la justice ou la terreur ici avant d'être oubliés et peut-être est-il temps pour eux de revenir sur le devant de la scène...

Pour Serge Lehman, la Brigade chimérique n'était qu'une première étape dans un processus de réappropriation du mythe super-héroïque en Europe. En faisant prendre conscience aux lecteurs de la richesse inouïe de leur patrimoine science-fictionnel et super-héroïque, le but était de les amener à prendre à bras le corps cet héritage pour le perpétuer, le moderniser, le continuer. 
Masqué semble être l'étape suivante : maintenant que nous savons que des surhommes européens - et français - ont existé, il es temps de les faire revenir et de repeupler le vieux continent avec ses dieux et héros oubliés ou rendus flous dans notre mémoire. Pour cela, l'action de cette bande-dessinée prend place dans un futur proche (presque le présent) et dans un décor familier - Paris - mais subtilement modifié (métropole immense et rétro-futuriste, la capitale est désormais une cité à l'égal de New-York ou Gotham). Une énergie semble parcourir cette ville comme si elle était vivante, comme si elle avait une mémoire avide de réveiller quelque chose. 
Les liens avec la Brigade chimérique, même si implicites, semblent bien réels (d'ailleurs, le tome 3 de Masqué s'intitulera Chimères & Gargouilles). Pas forcément sur un plan narratif bien sûr, mais surtout thématiquement comme on l'a vu. Et en particulier dans la façon de recycler les acquis et les codes du surhomme européen. En effet, le repère du Fantôme (variation sur Fantômas, tueur en série ayant marqué les esprits dans le passé de la ville - et divinité en devenir dans ce futur) se trouve en sous-sol et c'est encore plus profondément (dans une vaste grotte souterraine où l'on peut voir des ruines de château-fort, de temple, de cathédrale ainsi que d'étranges statues) que Braffort se verra adoubé par la force - comment et dans quel but : cela, nous le découvrirons dans les tomes suivants.

Ce premier tome de Masqué est fort prometteur. Ce n'est certes pour le moment qu'une introduction mais celle-ci parvient à nous donner suffisamment d'informations pour ne pas nous frustrer mais aussi suffisamment d'accroches pour que l'on ait hâte de lire la suite.
La mise en place du décor nous permet de nous familiariser immédiatement avec ce Paris-Métropole et chaque case fourmille d'innombrables détails qui sont à n'en pas douter un moyen d'approfondir le background de la ville. Les personnages sont très bien introduits et l'on se prend immédiatement de sympathie pour le héros. D'ailleurs, on remarque un intéressant travail sur les noms : Braffort, Beauregard, Fuseur, Villanova... Dans un récit super-héroïque français, de tels patronymes sont de véritables déclarations d'intention ! 
Si le scénario de Masqué est des plus intéressants - on n'en attendait pas moins de Serge Lehman -, le dessin n'est quant à lui pas en reste. Bien qu'ayant un style bien plus franco-belge que celui adopté par Gess sur la Brigade chimérique, Stéphane Créty a un trait particulièrement élégant et expressif, fort dynamique de surcroît quand il le faut (la scène où Braffort descend dans les tréfonds de la terre et y est baptisé par l'énergie mystérieuse est superbe). On remarque que la couleur est assurée par un autre artiste (Gaëtan Georges), qui donne au récit une belle ambiance grâce à un habile travail sur la lumière. D'ailleurs, cette façon de faire rappelle les comic-books et la parution régulière des tomes suivants tend également à rapprocher Masqué de ses cousins américains (sans parler des clins d'oeil comme le Glisseur-mirage). On ne peut que se réjouir de découvrir cette histoire dans son intégralité rapidement grâce à ce rythme soutenu.

Bref, il nous est démontré une nouvelle fois que le super-héros ne doit plus être vu comme une entité étrangère mais bien comme un élément de notre propre culture européenne. Après la Brigade chimérique qui nous expliquait que notre patrimoine était rempli de ces figures plus grandes que nature (même si nous les avions oubliées), Masqué a pour ambition de les réintroduire dans leur écosystème d'origine - enfin prêt à les accepter  de nouveau après cette longue ellipse.
Une noble intention dont on a hâte de voir la concrétisation à travers les tomes suivants de Masqué !

jeudi 15 décembre 2011

Malpertuis III et bilan 2011



Bonjour à tous.
Bienvenue dans ce qui sera le dernier billet de l'année - sauf annonce impromptue de très grande importance. L'occasion de faire un petit bilan d'une année 2011 particulièrement riche et de dessiner les prémices d'une année 2012 qui s'annonce tout aussi passionnante. 

Mais tout d'abord, laissez-moi vous parler de Malpertuis III. Chaque année, la maison d'édition Malpertuis - spécialisée dans le fantastique - publie une belle anthologie rassemblant des nouvelles de nombreux auteurs (connus ou débutants, spécialistes du fantastique ou transfuges d'autres genres...). Et pour cette troisième édition , j'ai eu le plaisir de voir l'un de mes textes sélectionné : la Revanche du Frigo est une courte nouvelle plutôt humoristique dont j'espère qu'elle plaira aux lecteurs !
Mais je ne suis pas le seul auteur familier à la sphère rôliste à avoir commis une nouvelle dans ce recueil. Vous aurez ainsi l'occasion d'y lire la prose d'Anthony "yno" Combrexelle, de Johan "Sombre" Scipion et de Fabien "Fablyrr" Fernandez - entre autres. 
Malpertuis III se commande sur le site de l'éditeur. C'est un bel ouvrage de 350 pages au format luxueux, pour la modique somme de 16 € - peu cher payé pour de nombreuses heures de lecture qui égayeront vos longues soirées d'hiver. Sans même parler de la superbe couverture qui orne ce billet.

Il est désormais temps de tracer un petit bilan de l'année 2011. Pardonnez-moi d'avance, c'est la partie nombriliste de ce billet puisque je vais beaucoup parler de moi et de mes projets - réalisés, en cours ou à venir !
Il y a un an pile, fin 2010 donc, mon frère d'armes Julien Heylbroeck et moi-même nous rendions aux 7ème Rencontres de l'Imaginaire de Sèvres : un salon littéraire de haute qualité. Nous étions alors décidés à nous lancer vaille que vaille dans le milieu littéraire qui nous titillait depuis quelques temps déjà - et que l'écriture de l'Encyclopédie de la Brigade chimérique nous avait permis de découvrir plus en profondeur (notamment aux Utopiales). Grâce à l'habile entregent du sémillant Denis Hamon, nous avons pu nouer quelques contacts qui ont rapidement porté leurs fruits - il faut dire que nous ne sommes pas du genre à laisser passer notre chance !
Ainsi de mon côté, sur le plan littéraire l'année 2011 m'aura permis de faire publier plusieurs nouvelles. Il y eut tout d'abord un Billet pour Thulé dans le tome 8 des Compagnons de l'Ombre (directement influencé par mon travail et ma passion pour la Brigade chimérique) chez Rivière blanche, Hors de l'Eden dans l'anthologie Muséums de Malpertuis, une Etoile avortée dans Dimension Super-héros (encore chez Rivière blanche) et bien entendu la Revanche du Frigo dans Malpertuis III dont j'ai parlé au tout début de ce billet. Mais ce n'est pas tout car outre ces parutions, Julien et moi avons été nommés responsables de l'anthologie Dimension Super-héros : un geste de confiance de la part de Jean-Marc Lofficier (l'une des deux têtes de l'hydre Rivière blanche, l'autre étant Philippe Ward) pour lequel nous lui sommes particulièrement reconnaissants. Ce fut un travail passionnant et gratifiant, pour lequel nous avons sélectionné des auteurs d'horizons divers (certes beaucoup de nos compagnons rôlistes mais aussi des écrivains venus de la littérature ou de parfaits débutants) afin qu'ils nous livrent d'excellents textes prenant pour cadre l'univers des super-héros Hexagon - que j'ai totalement découvert pour ma part et dans lequel je me suis plongé avec délices. J'ai notamment pris un grand plaisir à rédiger l'introduction de ce recueil, retraçant 70 ans d'histoire du genre super-héros et évoquant ses racines mythologiques. 
Du point de vue du jeu de rôle, l'année 2011 fut également bien remplie. Deux parutions surtout nous ont largement occupés, mes compagnons d'écriture et moi. Tout d'abord aux éditions Sans Détour, Aux Confins du Merveilleux-scientifique est un supplément pour la Brigade chimérique - l'Encyclopédie et le Jeu ; il contient du matériel à jouer prêt à l'emploi (scénarios, aides de jeu, etc.) afin de permettre aux MJ de se lancer dans cet univers passionnant. Ensuite, Luchadores est la petite bombe ludique qui va illuminer votre fin d'année ! Un jeu muy caliente dans un univers de pop-culture riche et amusant, 325 pages remplies de prises audacieuses et de monstruosités rampantes, vendu avec son écran par l'éditeur Pulp Fever - une jeune mais ambitieuse étoile montante du milieu. Tout cela sans évoquer ma participation modeste mais régulière à Di6dent (le magazine de jeu de rôle si bien pensé que tout le monde l'imite à présent) ainsi que les divers textes mis à disposition sur le net ou au sein d'e-zines de qualité comme le Maraudeur ou la Gazette du Surhomme

Traçons désormais les perspectives pour l'années 2012 (qui sera pour une autre raison l'une des plus importantes de ma vie - et je ne parle pas de l'élection présidentielle !). 
Toujours concernant la littérature, deux projets importants vont me tenir occupé. En premier lieu, un roman prenant pour protagonistes l'équipe Hexagon m'a été commandé par Rivière blanche ; si vous connaissez ma passion pour les super-héros, vous vous doutez que je vais adorer réaliser ce travail ! En second lieu, le Carnoplaste (éditeur de fascicules dont je vous ai déjà parlé) attend de ma part une histoire de chevalerie chinoise, tragique et virile comme du Chang Cheh - et oui, je reviens à mes premières amours, le wu xia sous sa forme primitive, celle du roman populaire.J'espère également placer encore quelques nouvelles ici et là ; deux sont d'ailleurs certaines d'être publiées : un texte sur le thème de l'uchronie et un autre ayant comme héros le Nyctalope en personne. Et qui sait, peut-être qu'un deuxième recueil Dimension Super-héros pourrait voir le jour si les ventes du premier satisfont l'éditeur...
Côté jeu de rôle, la campagne pour la Brigade chimérique - la Grande Nuit - va sans doute occuper quelques mois la Confrérie du Radium ; on vous promet du super-héroïsme et du merveilleux-scientifique de haute tenue ! Il est également probable que je fasse partie de l'équipe de développement des Lames du Cardinal, jeu tiré des romans de Pierre Pevel et édité par Sans Détour. Pulp Fever prévoit une deuxième édition de Devâstra dont je reviendrai parler rapidement - les premières illustrations tombent et c'est de la bombe. Et j'espère bien continuer à faire partie de l'équipe de Di6dent, dont j'apprécie la fraîcheur et le franc-parler - d'ailleurs, leur n°4 sort en janvier avec un théma bien polémique : pensez à le commander !
Tout ça va me tenir occupé comme jamais et j'espère réussir à tenir tous mes engagements ; même s'ils sont nombreux, denses et - je ne vous le cache pas - particulièrement intimidants pour certains...

Voilà, je conclus ce long billet auto-centré en vous souhaitent de joyeuses fêtes de fin d'année. On se retrouve en 2012 ! 

mardi 15 novembre 2011

Luchadores !


Hello tout le monde !
Aujourd'hui, j'ai eu envie de vous parler un peu du jeu de rôle Luchadores, dont l'écriture vient de s'achever. Origine, plaisir d'écrire, fun de jouer... et grande hâte de le voir sortir enfin ! Vamos !

A la base, Luchadores est une idée originale de Julien Heylbroeck. Fan de catch depuis quelques années sur les bons conseils de Willy Favre, cet étrange individu se prit de passion pour les quelques luchadores officiant au sein des ligues américaines (Rey Misterio, Sin Cara ou Alberto del Rio) et de fait, se mit à s'intéresser de près à la lucha libre mexicaine. Commençant à collectionner les films de luchasploitation (des oeuvres mettant en scène les catcheurs masqués comme des héros populaires combattant le mal - citons Santo ou Blue Demon, notamment), il conçut alors le projet un peu fou d'écrire un jeu de rôle dans un tel univers.
Ce vil tentateur embarqua bien vite son complice de toujours Willy Favre (qui était convaincu d'avance, de toute façon) et tenta d'en faire de même avec moi. Mais au départ, j'avoue avoir été dubitatif : "Jouer des catcheurs mexicains affrontant une momie aztèque ou Dracula dans un Mexique kitch des années 60 ? Euh comment te dire, cher Julien..." Et pourtant, le bougre a su me convaincre en brisant mes préjugés un à un, en expliquant sa démarche d'hommage à tout un pan de la culture populaire sud-américaine, en me présentant l'angle d'attaque de ce projet (avec un concept tout whedonien justifiant totalement son univers alors embryonnaire). Et de réticent, je suis devenu enthousiaste et prêt à mettre ma plume au service de ce Luchadores !
Pourtant, le projet a mis un certain temps à se monter concrètement. Nous avons en effet essuyé le refus d'une paire d'éditeurs, au point d'avoir même voulu monter nous mêmes notre structure... Ces revers douchèrent quelque peu notre enthousiasme puis la Brigade chimérique - l'Encyclopédie et le Jeu nous accapara tous durant une bonne année. Mais toujours, dans un coin de la tête de Julien, Luchadores continuait à se développer au fil du visionnage de ses films de Santo (selon la légende, ce malade dangereux en possède plus de 50 !).
Tout arrive souvent en même temps. Nous nous étions finalement décidés à écrire le jeu et à le mettre à disposition en print on demand sur Lulu quand Laurent Rambour se montra intéressé par le concept. Quelques tractations plus tard, Luchadores était accepté au sein du label Pulp Fever et nous pouvions commencer à le développer pour de bon. L'écriture du jeu est désormais terminée, les illustrations vont bon train et la mise en page est en cours au moment même où vous lisez ces lignes. Autant dire que Luchadores a toutes les chances d'être au pied de votre sapin pour Noël ! (enfin, pensez à le commander quand même hein)

Mais au fait, c'est quoi ce Luchadores dont tu nous parles depuis le début de ce billet ?
Il s'agit d'un jeu de rôle prenant place dans le courant de la luchasploitation. Son univers se nomme Los Murcielagos, un petit archipel perdu au sein du Triangle des Bermudes et près duquel se trouve un tourbillon géant - véritable porte vers un enfer abyssal et nommé l'Espirale Grande. Ce vortex est un passage qu'empruntent des hordes de monstres et démons pour semer le mal sur notre monde ; c'est aussi un puissant aimant à emmerdes, attirant à lui savants fous et apprentis dictateurs souhaitant s'en servir pour asseoir leurs ambitions.
Sur cet archipel inspiré à la fois du Mexique, de Cuba et de Puerto Rico baignés dans une ambiance très sixties, les joueurs interprètent des Luchadores : des catcheurs héroïques élus par une puissance supérieure pour contrer la menace de l'Espirale Grande. Tout en gérant une florissante carrière de lutteur sur les rings, les PJ vont ainsi affronter des êtres aquatiques, des diables précolombiens, des momies mayas, des martiens envahissants et des scientifiques dérangés mettant au point un rayon zombificateur. Et le tout avec classe !
Loin d'être une parodie du genre, Luchadores est au contraire un hommage à la luchasploitation. Le traitement du jeu est premier degré, avec toute une mythologie et des éléments mécaniques permettant de jouer en campagne - on n'a pas affaire à un jeu apéritif destiné aux one-shots (même s'il peut se jouer ainsi, bien sûr). Cela ne veut pas dire que l'humour en est absent : bien au contraire, chaque partie est un bijou de fun ! Mais cet humour naît des personnages et des situations, d'un traitement post-moderne du genre et non d'un regard cynique porté sur lui, tournant en dérision une culture appréciée par des millions de gens à travers le monde.
Ainsi, la palette d'ambiance est fort variée et les scénarios peuvent aborder divers thèmes. Enquête occulte façon Appel de Cthulhu (si ce n'est qu'ici, les investigateurs font des ciseaux de tête aux Profonds), aventures pulp débridées, horreur glaçante, humour ou tragédie ont tout à fait leur place autour de la table. Sachez que le livre de base comporte une mini-campagne en trois denses scénarios, aux enjeux épiques et aux atmosphères variées. Et comptez sur nous pour vous proposer de nombreuses aventures, que ce soit en PDF ou dans vos magazines préférés (Di6dent, Casus belli, JdR Magazine ou le Maraudeur notamment) afin de promouvoir Luchadores et de démontrer toute l'étendue de sa richesse de jeu !

Un mot sur le système qui a été affiné au cours de multiples playtests : il plaît autant aux débutants complets n'ayant jamais fait de jeu de rôle de leur vie qu'aux vieux briscards appréciant les options de personnalisation ; et autant aux novices n'y connaissant rien en catch qu'aux aficionados souhaitant reproduire les prises de leurs lutteurs favoris.
Un moteur simple mais amusant, enrichi de diverses règles avancées ou optionnelles, permet de recréer autour de la table l'excitation d'un véritable match de lucha libre ! Luchadores offre ainsi un système de jeu dédié renforçant le roleplay des joueurs, les mettant dans la peau de Luchadores masqués capables de prises exceptionnelles !

Ce billet est déjà bien long et pourtant, j'ai l'impression de n'avoir qu'effleuré la richesse de cet univers. Pour conclure, sachez que Luchadores devrait faire plus de 250 pages en format comics, avec un encart couleur et un écran de jeu - vendu avec le livre de base, c'est cadeau. Le tout pour un prix modique non encore fixé, mais qui n’excédera pas 35 € logiquement.
En attendant, si vous avez des questions ou l'envie de dévorer des yeux quelques illustrations : rendez-vous sur le forum officiel de Pulp Fever ou la page Facebook du jeu. Et n'oubliez pas les aventures de Green Tiburon : disponible chez le Carnoplaste, un fascicule prenant place à Los Murcielagos vous donnera un bon aperçu de cet univers.
Hasta pronto !

vendredi 28 octobre 2011

Dimension Super-héros


J'ai déjà parlé en ces lieux de l'univers de super-héros Hexagon, puisant ses racines dans les parutions Lug des années 60 / 70 et connaissant aujourd'hui un regain de vitalité grâce aux éditions Rivière blanche et Wanga Comics - notamment à l'occasion d'un billet sur les omnibus et la saga des Strangers.
J'y reviens donc aujourd'hui pour vous parler de Dimension Super-héros : une anthologie de nouvelles sur ces personnages hauts en couleur, coordonnée par Julien Heylbroeck et moi-même !

Pour la petite histoire, c'est Jean-Marc Lofficier en personne - après que nous lui ayons chacun soumis une nouvelle pour son anthologie thématique des Compagnons de l'Ombre - qui nous a confié en début d'année le soin de mettre sur pied ce recueil. Libre à nous de réunir les auteurs de notre choix pour cela, après bien sûr nous être familiarisés avec cet univers encore méconnu.
Et autant vous dire que nous n'avons pas lésiné sur le casting ! Du côté des auteurs, les fans de jeu de rôle ne serons pas dépaysés : nous avons sélectionné la fine fleur de ce milieu, des gens fiables et doués dont nous savions qu'ils nous offriraient des textes à la mesure de leur talent ! Citons donc (en nous incluant) : Anthony "yno" Combrexelle (Notre Tombeau, Patient 13), Willy Favre (Humanydyne, Sable rouge, la Brigade chimérique), Kristoff Valla (Qin, Yggdrasill), Ghislain Morel (le Naheulband), Eric Nieudan (Lanfeust RPG, Star Drakkar - mais aussi lauréat du Prix Alain le Bussy 2011 pour sa nouvelle "les Octets de ma Vie"), Julien Heylbroeck (WarsaW, la Brigade chimérique, Luchadores) et Romain d'Huissier (Qin, Devâstra, la Brigade chimérique). Mais ce n'est pas tout : des auteurs, débutants ou expérimentés, issus d'autres sphères nous ont également rejoints. Ainsi de Jean-Marc Laîné (essayiste auteur des brillants Urbaine Tragédie et Super-Héros ! chez les Moutons électriques), Nelly Chadour (présente sur l'anthologie Muséums chez Malpertuis), Cédric Burgaud et Philippe Pinon (qui font ici des débuts fracassants), et également quelques guest anglo-saxons.

Du côté des héros mis en scène, c'est un bel aperçu de tous les genres qu'il est possible de fusionner dans le creuset du récit de super-héros. Ozark le sorcier indien, Homicron l'Alphan aux pouvoirs énergétiques, le métamorphe Jayde, la belle enquêtrice occulte Sibilla, l'équipe de super-ados des Kidz, le mystérieux Agent sans Nom, le surhomme Starlock, l'aventureuse Brigade temporelle, le puissant Gladiateur de Bronze, Kit Kappa le maître des arts martiaux...
Du space opera à l'espionnage, de l'aventure urbaine à l'investigation mystique, de la science-fiction au western... Ce sont en tout quinze histoires complètes qui vous sont offertes par Dimension Super-héros, sur un total de 400 pages.
Une introduction retrace l'histoire du genre super-héros (des demi-dieux antiques jusqu'à l'époque contemporaine) tandis qu'une préface explique les origines de l'univers Hexagon. Enfin, les biographies des auteurs et des personnages mis en scène terminent l'ouvrage.

Si l'on se souvient que le super-héros descend du roman-feuilleton et du pulp, alors Dimension Super-héros est un retour aux sources du genre : des nouvelles mettant en scène des surhommes dans des aventures variées et plus grandes que nature ! Un format certes inhabituel à notre époque pour le genre, mais nous espérons que votre curiosité sera suffisamment piquée pour vous donner envie d'y jeter un oeil.
Dimension Super-héros sera disponible à la vente dès début novembre, sur le site de Rivière blanche (et sans doute par la suite sur celui de Wanga Comics) et dans certaines librairies bien achalandées - harcelez votre dealer de littérature favori !

Je conclus en remerciant ici tous ceux grâce à qui cette anthologie a pu être menée à bien si promptement et avec un niveau de qualité si élevé :
- Jean-Marc Lofficier tout d'abord, pour la confiance témoignée en nous confiant ce projet et la bienveillante supervision afin que nos textes respectent l'esprit et la continuité Hexagon.
- Julien Heylbroeck, fidèle compagnon d'armes dans toutes ces aventures littéraires (ce n'est que le début, kamarade !).
- Tous les auteurs qui ont accepté de jouer le jeu de cette commande de texte un peu particulière - vous vous en êtes sortis avec brio les gars (et la fille) !
- Denis Hamon et Sarah Millet, pour la traduction de "Bienvenue à Sunshine City".
- Christophe Ouvrard pour la superbe couverture, 4-colors power !
Et bien sûr : grand merci à vous, lecteurs, qui allez acheter Dimension Super-héros, le lire et nous en faire un retour dithyrambique ! (bon, un retour honnête sera déjà bien)

Bonne lecture et à bientôt !